Diagnostique et évolution
Le diagnostic est en règle générale facile lorsque le tableau clinique est complet. Il est en effet aisé d’éliminer une surdité, une audi-mutité ou une arriération mentale.
Le pronostic d’ensemble de cette affection est très grave. Le développement du langage et la qualité de celui-ci sont sans doute le meilleur élément qui puisse permettre d’apprécier l’adaptabilité ultérieure d’un enfant autistique.
Dans les formes précocement traitées, la reprise d’un certain contact avec autrui et du développement du langage peuvent s’observer, avec, néanmoins, persistance de troubles importants de la personnalisation et des fonctions symboliques qui expliquent le caractère limité des relations interindividuelles.
Les psychoses a expression tradive
Dans ces psychoses, coexistent des comportements autistiques et des signes de retard mental global. Elles sont parfois qualifiées d’arriérations-psychoses et ont déjà été évoquées à propos du diagnostic de retard mental. Elles correspondent aux tableaux cliniques que l’on décrivait auparavant sous les termes d’arriération mentale « avec troubles affectifs graves associés » ou de « débilité évolutive ».
Ce diagnostic est évoqué lorsqu’en présence d’un retard mental et de troubles psychomoteurs, on constate chez un enfant âgé de 3à 7ans une franche dysharmonie d’acquisitions selon les domaines concernés.
Les dysharmonies évolutives de structures psychotiques
Ces troubles, individualisés par R.misès correspondent à certaines psychoses symbiotiques décrites par M.Mahler. Ils apparaissent plus tardivement que l’autisme et le « retrait » est moins massif que dans la psychose de Kanner. Ils se distinguent par ailleurs des psychoses à expression déficitaire par le fait qu’ « initialement, la part du défit fixé apparaît négligeables ou limite à la sphère fonctionnelle (langage, psychomotricité) » (R.Misès). La description clinique qu’en propose cet auteur comprend :
-Des difficultés dans les interactions précoces mère-enfant.
-Une angoisse massive de séparation
-Un échec des tentatives d’autonomisation
-Une incapacité à communiquer avec autrui de façon adaptée, avec isolement, et ambivalence affective vis-à-vis de la mère.
-Une symptomatologie obsessionnelle avec rituels divers, extensifs et très contraignants
-Des troubles psychomoteurs avec maniérisme, attitudes « précieuses » et sophistiquées.
-Les troubles du langage : monologue, logorrhée ou mutisme.
Les psychoses a extériorisation tardive
Ces psychoses sont parfois qualifiées de psychoses de la période de latence
Le tableau clinique est plus riche et plus variable et moins déficitaires que les psychoses précoces :
a-Des signes de retrait et d'isolement (contact lointain, froid, isolement apragmatisme, etc.)
b-Des signes d'instabilité psycho-motrice : agitation, difficultés de concentration, hyperactivité, violence, crises auto ou hétéroagressives.
c-Une production fantasmatique ou délirante : fantaisies imaginatives, fantasmes de morcellement, etc.
d-Des signes d’anxiété et des signes de la lignée névrotique, surtout des phobies, des obsessions et des rituels.
e-Des troubles du langage : refus, mutisme, altération, etc.
f-Des troubles psychomoteurs : maladresse, ralentissement, stéréotypies, etc.
Prise en charge des psychoses infantiles
La diversité des thérapeutiques proposées montre bien qu'aucune ne peut être considérée comme une panacée.
Les neuroleptiques sont les molécules les plus prescrites; ils atténuent parfois la symptomatologie (en particulier l’angoisse et l’instabilité de l’enfant psychotique) et favorisent ainsi la reprise du processus structurant ainsi que la qualité de la relation thérapeutique. En fait, le plus souvent, on a recours aux psychothérapies d'inspirations diverses et à un aménagement du cadre de vie.
Les techniques "réparatrices" visent à éviter à l'enfant toutes frustrations et l'aident à vivre de façon harmonieuse et satisfaisante toutes les étapes de la relation mère-enfant qu'il aurait manquées. Les techniques "interprétatives" reposent sur le modèle psychanalytique. Les techniques "comportementales" visent à effacer les symptômes les plus gênants.
La prise en charge de tels enfants se fait dans des institutions de divers types: externats, internats médico-pédagogique, hôpitaux de jour, familles d'accueil.